16/03/2017

09/02/2017

08/02/2017

20/10/2016

28/10/2015


20/09/2015


17/04/2015

 

 

Le cabinet de curiosité d'Atelier EG

 

 

Atelier EG, pseudonyme qu’a choisi l’artiste, qui souhaite garder l’anonymat, est un artiste peintre et plasticien polyvalent. Né au Mans, il étudie ensuite à Rennes où il suit une formation en biologie en parallèle de sa pratique artistique et réside actuellement en région parisienne.  Touche à tout, il réalise des peintures aussi bien à l’acrylique qu’à l’huile et aborde des thématiques variées. Atelier EG fait appel à de nombreuses références pour réaliser ses compositions et forge ainsi une peinture très personnelle. Il travaille aussi bien sur petit que sur grand format et adapte les techniques aux sujets qu’il choisit de représenter. Devant la diversité stylistique et thématique des productions visuelles de l’atelier EG, l’œil, déboussolé par une telle diversité, ne saisit pas immédiatement une cohérence. De fait, il n’existe pas de fil directeur permettant de catégoriser un style ou une thématique caractéristique de l’artiste. Au contraire, son univers visuel fait se côtoyer, comme dans un cabinet de curiosité des scènes de marine classiques, des jeux d’enfants, saisis sur le vif, de manière impressionniste, ou encore des compositions surréalistes. On y trouve également des objets du quotidien, tel qu’un plateau de jeu d’échec, ou des reproductions d’artefacts préhistoriques, des pointes de flèches ou les sculptures de femmes dîtes « Vénus Hottentotes ou callipyges», comme autant de témoins d'une polyvalence propre aux ateliers d'artistes populaires: « Je travaille de multiples médiums. A mes yeux c’est le sujet qui justifie la technique, et c’est l’essence de l’œuvre qui exige tel ou tel support de réalisation. Je produis des acryliques ou des huiles aussi bien au couteau qu’au pinceau, mais aussi des sculptures  ou des moulages. J’aime m’approprier des références, des techniques ou des savoirs et les combiner en un hommage aux relations entre la nature et l’art. Je réalise mes œuvres en fonction de chocs esthétiques qui m’ont particulièrement frappé. Il s’agit d’un processus complexe et intuitif qui parfois prend plusieurs mois. Je suis l’évolution de mon travail en prenant systématiquement des photos de chaque œuvre à plusieurs étapes de la réalisation. Chaque tableau se suffit à lui-même et je réalise peu de séries autour d’un même thème, aussi il est difficile de suivre une évolution stylistique dans mon travail. Néanmoins, à mes yeux, chaque œuvre se complète et mon travail suit différents fils directeurs en parallèle. »

 

 

 

On perçoit en effet plusieurs axes directeurs récurrents dans le travail de l’atelier EG, qu’il exploite par alternance au cours de ses différentes productions. Des détails de l’histoire de l’art ainsi que des connaissances en sciences naturelles ou en littérature sont synthétisés et traduits visuellement : « J’accorde une grande place à mes connaissances en biologie dans mon travail de peinture. Par exemple, en observant l’œuvre d’assemblage de Picasso intitulé Picagritte, j’ai immédiatement fait une analogie entre la forme de l’œuvre et le taureau long Horn américain, pourtant très différent des taureaux andalous que Picasso connaissait bien. Je me suis approprié ce motif en réalisant une toile ou je décompose en trois étapes le processus de transformation du taureau en œuvre d’art. Je représente ainsi la réalité : un portrait du taureau long Horn avec ses caractéristiques physiques, puis la mort de l’animal et l’épuration de sa forme en représentant son crâne, et enfin, une copie de l’œuvre de Picasso. Ce processus de dissection de l’œuvre fait à la fois écho à ma passion pour la biologie et pour l’histoire de l’art en les synthétisant visuellement la vie, la mort et le passage à la postérité. Ou encore, de manière similaire, j’ai choisi d’exploiter des détails anodins pour donner du sens à ma toile « Amour impossible», qui est à la fois un clin d’œil aux nymphéas de Monet et qui présente au premier plan un crapaud de Madagascar et une grenouille amazonienne. Cet amour est impossible car ces deux espèces ne sont pas amenées à se rencontrer étant donné la distance de leurs origines géographiques et leurs modes de vie différents. De plus, j’ai encore accentué cette incohérence en assemblant des végétaux de milieux très différents et qui ne cohabitent pas habituellement. J’aime également jouer visuellement autour des expressions littéraires. Par exemple en réalisant mon Dionysos à la manière d’Archimboldo, j’ai utilisé plusieurs expressions: la gorge du personnage est représenté par des bananes enserrant une pomme, la « pomme d’Adam », ses joues sont symbolisées par deux pêches, d’après l’expression « avoir une peau de pêche », chaque élément qui compose le visage transporte son propre imaginaire que j’ai voulu exploiter. »

 

 

 

Parallèlement à ces cheminements de la connaissance, qui offrent la part belle à l’imaginaire et au culturel, les peintures de l’atelier EG laissent également entrevoir une exploitation du quotidien et un caractère confidentiel qui se joignent au traitement narratif de chaque toile.  Si l’artiste puise principalement son inspiration de sources intellectuelles, d’autres thèmes plus familiers, tels que l’intimité de la sphère familiale ou encore les marines, apparaissent également de manière récurrente. Des membres de sa propre famille ou encore des lieux chers à son enfance reviennent çà et là dans son œuvre.  Chacune des peintures de l’artiste raconte une histoire autonome, se lisant sur plusieurs niveaux, et se suffit à elle-même. Devant l’intégralité de son travail, le spectateur est comme transporté dans un livre de contes, dont chaque fable est traitée différemment mais sur une trame familière. Sa quête d'aventure, maritime, humaine, artistique, et son intérêt pour les jeux de l'esprit le mènent naturellement sans cesse vers d’autres horizons: « Dans le futur j’ai envie de travailler sur le thème du rébus en réalisant des illustrations de jeux de mots autour de noms ou de citations d’artistes célèbres. J’ai également le projet, en collaboration avec quelques artistes, de créer le collectif APY, qui a pour but de créer un réseau d’artistes, d’organiser des événements artistiques collectifs et de louer une galerie afin d’exposer des projets de manière permanente dans un lieu adapté à cela». J’invite le lecteur à se rendre sur la page web de l’artiste afin de suivre son actualité artistique, mais surtout de découvrir l’intégralité de sa production.

 

 

Publié par Adèle Tilouine

 


24/10/2013